Plan de Sécurité COVID19 : Conseils de survivant(e)s à survivant(e)s

Le guide ci-dessous a été créé par les membres de l’institut de leadership des survivant(e)s de Sanctuary et a été vérifié par plusieurs experts. Ce guide s’appuie sur les expériences des anciennes victimes et des experts, ainsi que des modèles de sécurité de la National Domestic Violence Hotline (assistance téléphonique nationale pour la violence domestique), Sanctuary for Families et Love is Respect.

Un plan de sécurité, c’est quoi ?

Un plan de sécurité, c’est une série de mesures que vous pouvez prendre afin de réduire le risque de dommages corporels et psychologiques infligés par un agresseur ou d’un membre de votre famille. Suite aux changements dus au coronavirus, nous recommandons aux victimes de violence domestique d’envisager les conseils de sécurité suivants, créés par des survivant(e)s. L’équipe de survivant(e)s de Sanctuary for Familes a dressé cette liste dans l’espoir de vous donner des moyens d’assurer votre sécurité pendant cette période.

Pourquoi créer un plan de sécurité ?

Il peut être difficile de penser clairement et de réagir de manière adaptée pendant une période d’urgence et de grand stress, surtout étant donné l’anxiété supplémentaire due au coronavirus. Il est souhaitable de mettre à jour votre plan sécurité fréquemment, car les circonstances changent. Les agresseurs essayent souvent de garder le pouvoir et de maintenir tout contrôle sur la vie de leur victime. Un plan de sécurité permet à la victime de garder le pouvoir et le contrôle sur sa propre situation, autant que possible. Un plan peut vous donner le pouvoir de prendre les décisions les plus sûres possibles étant donné votre situation.

Vous êtes l’expert(e)

Vous connaissez votre situation mieux que quiconque. Adaptez votre plan de sécurité en fonction de ce qui vous semble le plus sûr. Si quelque chose vous semble risqué ou dangereux, fiez-vous à votre intuition. Par exemple, il est peut-être risqué de consigner votre plan de sécurité par écrit. Dans ce cas, essayez de réfléchir à ce plan mentalement et mémorisez-le autant que possible. Il peut être également utile de parler de votre plan de sécurité avec un(e) ami(e) en qui vous avez confiance ou un membre de votre famille.

Sécurité numérique

Si possible, utilisez un ordinateur ou un téléphone auquel l’agresseur n’aura pas accès, que ce soit directement ou à distance (par piratage). Le harcèlement et la surveillance en ligne sont l’une des manières qu’utilisent les agresseurs afin d’exercer leur pouvoir et leur contrôle. Le courrier électronique (e-mail) et la messagerie (text, IM instant messaging) ne sont pas des modes confidentiels ou sûrs pour communiquer avec quelqu’un au sujet du danger ou de la maltraitance que vous vivez. Si possible, appelez votre interlocuteur directement par téléphone. Si vous utilisez le courrier électronique ou la messagerie, utilisez un ordinateur ou un téléphone sûr et un compte que votre agresseur ne connaît pas.

Pour en savoir plus au sujet des ordinateurs, d’internet et de la sécurité numérique, cliquez ici.

Risques accrus de dommages corporels et psychologiques dus au COVID-19

Alors que beaucoup d’entre nous sommes en quarantaine ou pratiquons la distanciation sociale, il existe beaucoup de risques supplémentaires pour les victimes, par exemple :

  • Isolation : les agresseurs peuvent utiliser cette période afin d’isoler leur victime de leur proches. Ils peuvent utiliser cette situation comme excuse afin de limiter les déplacements de leur victime et afin de contrôler où elle se rend et quand. Ils peuvent contrôler les échanges de la victime en ligne, limitant son accès au monde extérieur.
  • Restriction de votre accès aux informations : les agresseurs peuvent vous empêcher d’avoir accès aux nouvelles et à d’autres sources d’informations, afin de devenir la source unique de toute information.
  • Recrudescence des abus : Pendant cette période, où les victimes passent plus de temps à proximité de l’agresseur, les abus peuvent empirer. Les victimes peuvent aussi souffrir de nouvelles maltraitances ou d’abus d’un nouveau type.
  • Harcèlement et cyber-harcèlement : les agresseurs peuvent essayer d’exercer leur pouvoir en essayant de surveiller, de contrôler et de harceler leur victime en personne ou en ligne.
  • Abus financier : Beaucoup de personnes ont un fardeau financier accru parce qu’elles sont au chômage et les agresseurs peuvent exploiter leur victime financièrement pendant cette période.
  • En tant que parent : Les victimes qui partagent les responsabilités parentales avec leur agresseur peuvent rencontrer des difficultés particulières pendant cette période, comme des obstacles aux visites ou une exposition accrue de leur(s) enfant(s) à l’agresseur à cause de l’absence de service de garde d’enfant. Par exemple, la victime, afin de travailler, peut se trouver obligée d’utiliser l’agresseur pour la garde d’enfant.

Conseils de sécurité des survivant(e)s

1. Mot de code entre ami(e)s

Identify at least two people that you can contact with a “code word” to let them know if you are in trouble. Plan in advance what they should do if you send them the code word.

Identifiez deux ami(e)s que vous pouvez contacter ainsi qu’un « mot de code » pour leur faire savoir que vous êtes en difficulté. Décidez à l’avance ce qu’ils (ou elles) doivent faire dès qu’ils reçoivent le mot de code.

2. Pièce la plus sûre

Sachez dans quelle partie de votre domicile vous pouvez vous rendre en cas de dispute. Ce doit être un endroit où il n’y a pas d’armes et où vous avez le moyen de quitter la maison, l’appartement, l’immeuble, comme par exemple une porte ou une fenêtre vous permettant de sortir. Pour certaines victimes, particulièrement celles qui sont en quarantaine à cause du coronavirus, il se peut qu’aucune pièce ne semble sûre ; c’est pour cela que nous la qualifions seulement de « la plus sûre » (autrement dit, la moins dangereuse). En identifiant les parties de votre domicile qui présentent le moins de risque, vous pouvez réduire les risques de blessures.

3. Préparations avec les enfants

  • mots de code : si vous avez des enfants, décidez de comment vous leur communiquerez une situation d’urgence. Par exemple, quand la fille d’une de nos survivantes était petite, sa mère ouvrait grand ses bras et elle savait qu’il fallait se précipiter vers sa mère pour être en sécurité. Certains survivant(e)s choisissent un « mot de code » avec leurs enfants signifiant qu’ils doivent se rendre dans la « pièce la plus sûre » du domicile, endroit qui a été choisi au préalable.
  • numéros d’urgence : Si, pour une raison quelconque, vous n’êtes pas en mesure de faire des appels d’urgence et vos enfants sont assez grands, donnez-leur le(s) numéro(s) d’urgence. Voir la section « numéros d’aide » ci-dessous pour une liste de numéros de téléphone.

4. Informer la police avant une urgence

Vous pouvez contacter le poste de police le plus proche et leur faire part de vos craintes. Racontez-leur les antécédents et expliquez que vous avez des inquiétudes particulières pendant la période d’isolation due au coronavirus. Il serait sans doute utile d’en parler à un agent spécialiste des problèmes de violence domestique.

5. Plan de fuite

Si vous devez fuir, préparez un plan à l’avance avec quelqu’un qui pourra vous aider. Y a-t-il un(e) ami(e) ou un(e) proche chez qui vous pouvez rester si possible ?

6. Provisions, nourriture et médicaments

Vérifiez que vous avez assez de provisions et de nourriture. Si vous avez besoin de nourriture mais que vous n’avez pas d’argent, allez à la banque alimentaire, au refuge, au temple, à l’église, à la mosquée (etc.), ou autre organisation communautaire. Gardez toujours vos médicaments dans l’endroit le plus sûr et le plus accessible en cas d’urgence.

7. Sac d’urgence

Dans un sac d’urgence, mettez une copie de vos clés, des vêtements pour vous et vos enfants, un téléphone mobile prépayé, des médicaments, une copie de vos papiers et documents importants, etc.

8. Documents importants

Photocopiez ou prenez des photos de vos documents importants. Gardez-en une copie et envoyez-les à un(e) ami(e) en qui vous avez confiance ou à un membre de votre famille. Les documents importants peuvent inclure des pièces d’identité, des cartes de sécurité sociale, des documents d’immigration, des actes de naissance, des informations sur l’assurance maladie et des ordonnances de protection. Comme mentionné précédemment, faites attention quand vous envoyez quoi que ce soit par téléphone ou par ordinateur. Utilisez la méthode la plus sûre pour vous.

9. Recherche de soutien social

Avec les mesures d’éloignement social et la mise en quarantaine dus au coronavirus, les victimes peuvent se sentir encore plus isolées et les agresseurs peuvent imposer un isolement supplémentaire comme tactique de pouvoir et de contrôle. Identifiez des amis de confiance, des proches ou même des groupes de soutien en ligne avec lesquels vous êtes toujours en mesure vous connecter virtuellement. Encouragez ces ami(e)s à vous appeler plus souvent pendant cette période pour s’enquérir de votre situation.

10. Créer un « espace paisible »

De nombreux survivant(e)s vont se sentir obligés de passer plus de temps avec un agresseur pendant l’épidémie de coronavirus. Bien qu’ils ne sentent pas en sécurité dans leur domicile, ils ne se sentent pas non plus en sécurité en dehors du domicile. Si vous ne pouvez pas quitter votre domicile, essayez de créer un « espace paisible » pour vous-même chez vous (si cela est sans danger pour vous). Vous pouvez dessiner des images représentant un endroit plus paisible, afin de vous aider à visualiser ce genre d’endroit et vous aider à faire une pause émotionnelle. Vous pouvez faire cette activité aussi avec vos enfants. Vous pouvez également afficher des devises et des encouragements (positive affirmations) sur le mur pour stimuler votre estime de soi.

11. Conserver votre plan

Si possible, conservez votre plan de sécurité dans votre téléphone ou dans un endroit sûr. (Encore une fois, rappelez-vous de ne rien faire qui vous mettrait en danger.) Si vous consignez votre plan par écrit, vous pouvez par exemple n’écrire que les mots clés, ceux qui vous sont strictement nécessaires pour vous souvenir de votre plan, mais dont le sens ne serait pas évident aux yeux de l’agresseur. Si même ceci présente un danger, essayez de mémoriser au moins un des numéros d’urgence dans votre liste de numéros d’aide.

NUMEROS D’AIDE

All of the following resources are accessible, despite the coronavirus outbreak.

  • 9-1-1 : En cas d’urgence, à tout moment, appelez le 911.
  • Emergency SOS sur iPhone : voici un lien vers un raccourci pour utiliser Emergency SOS afin d’appeler à l’aide rapidement et facilement et alerter vos contacts d’urgence si vous avez un iPhone : Comment utiliser Emergency SOS sur votre iPhone
  • Partage de position d’urgence sur les androïdes et les iPhones : voici un lien pour configurer le partage de position (GPS) d’urgence sur votre téléphone, au cas où vous souhaiteriez partager votre position avec un(e) ami(e) de confiance ou un membre de votre famille en cas d’urgence: Comment utiliser le partage de position d’urgence
  • Assistance téléphonique Sanctuary for Families : La hotline de Sanctuary for Families est toujours accessible du lundi au vendredi de 9h à 17h. Appelez-nous au 212-349-6009.
  • Assistance téléphonique nationale contre la violence domestique: La Hotline nationale contre la violence domestique est toujours accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Appelez le 1-800-799-7233.
  • Assistance téléphonique nationale contre le trafic des êtres humains: La Hotline nationale contre le trafic des êtres humains est toujours accessible 24h/24 et 7j/7. Appelez le 1-888-373-7888 ou envoyez un SMS au 233-733.
  • Ligne directe pour la prévention des suicides : Le numéro national pour la prévention des suicides est toujours accessible 24h/24 et 7j/7. Appelez le 1-800-273-8255